Béké la pas méchan ! C'est Césaire qui le dit...

Publié le par Surfer

Ce texte vient du commentaire posté par EK sur le Blog Le Scrutateur. J'ai pensé qu'il mériterait d'être mis en avant-plan. J'espère que vous ne m'en voudrez pas, mon cher Monsieur Boulogne.

La plantation d'un courbaril !

Voici le texte lu par Aimé CESAIRE le 17 décembre 2001, à l'occasion de la plantation du courbaril historique à l'habitation Clément, à l'invitation de Bernard HAYOT.


La plantation d'un courbaril !


Un des plus beaux arbres martiniquais, menacé et sans doute en voie de disparition.
Merci à vous d'essayer de le sauver et d'en rappeler toute l'importance.
Importance réelle, économique sans doute.
Importance sociale, mais à mes yeux, plus encore importance symbolique.
Le courbaril, c'est à dire l'enracinement dans le roc s'il le faut, mais vainqueur grâce à l'entêtement et au vouloir vivre.
Le courbaril : l'appui sur la profondeur du sol pour l'élan médité et patient.
Le courbaril, la démarche lente, mais résolue vers l'avenir.
Ce sont toutes ces valeurs que nous rappelle la cérémonie que vous avez organisée ce matin.
Ce qui est valable pour l'arbre est valable pour l'homme.
Merci de le rappeler à notre communauté, elle aussi en péril.
Mais pourquoi être pessimiste ?
Le courbaril est là pour nous l'interdire.
Avec ses feuilles. Non. Avec sa feuille, une feuille double et pourtant une.
Regardez-la.
Ici la bi-foliation se fait intime et partenariale.
Une particularité botanique sans doute, mais dans laquelle je me permettrai de voir un symbole.
Le symbole de la solidarité indispensable à notre peuple, en cette époque de survie.


Aimé CESAIRE

Fort de France, le 17 décembre 2001




Quand on vous dit qu'en Martinique....

Publicité

Publié dans Politique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article